Je ne résiste pas au plaisir de vous raconter un épisode particulièrement palpitant de l'aventure des débuts de Corolle , rapporté par Catherine Réfabert dans son livre « un amour de poupées ».
Il faut se rappeler que Catherine et son mari quittèrent en 1974 l'entreprise Clodrey, rachetée en 1971 par la Compagnie Générale du Jouet (voir l'article : « de clodrey à Corolle » ) Ils rachetèrent une entreprise de déguisements, Anselme, et pendant les 3 ans pendant lesquelles ils n'avaient pas le droit de créer des poupées ( clause de non-concurrence avec leur ancien « patron »), ils s'y consacrèrent avec succès. Enfin ils purent reprendre leur liberté de création, mais ils ne possèdaient pas de machines de fabrication, et n'avaient pas les moyens d'investir... Ils trouvèrent de l'aide auprès de l'entreprise Bella, installée à Perpignan : elle accepta de produire les pièces détachées, têtes et membres des poupées, pour les Réfabert. La future marque « Corolle » pouvait commencer à prendre son envol...
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Mifaon
Mais voilà qu'en 1982, Bella se trouve en grande difficulté *: en septembre, à trois mois de Noël, l'usine est en grève et le directeur séquestré par les ouvriers. Un coup de fil d'un ami prévient les Réfabert : « L'usine sera occupée demain! »
Pour la jeune entreprise, c'est la catastrophe : si le conflit chez Bella dure ( ce qui semble se profiler), c'en sera fini de Corolle ! Alors, cette nuit-là, un émissaire de Corolle saute dans sa voiture et fonce vers Perpignan, pour essayer de récupérer les moules indispensables à leur survie.
Il arrive à 4h du matin : mais là, tous les accès sont bloqués par les grévistes, et impossible de convaincre le piquet de grève de le laisser pénétrer dans les locaux pour reprendre son matériel. Heureusement, il parvient, avec l'aide d'un ami sur place, à entrer dans l'usine par une petite porte de derrière, non surveillée. Vite, il charge les lourds moules dans sa voiture, et repart incognito...
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La précieuse cargaison ramenée à Langeais, il fallut trouver de l'aide auprès d'une autre usine pour pouvoir reprendre la production : ce fut l'entreprise de masques César, en possession de machines adéquates, qui accepta. Et en attendant de pouvoir s'équiper des machines nécessaires à son autonomie, c'est ainsi que Corolle fut sauvée, et que Bébé chéri put continuer à émerveiller les enfants, et à émouvoir les collectionneurs !
*Chez Bella, premier dépôt de bilan en 1981. En juin 1982, le gouvernement aide les jouets Berchet à mettre un plan de sauvetage en place, mais les ouvriers réagissent vivement ( 700 emplois en moins). S'en suivent des séquestrations, des manifestations suivies d'une grève dure. Le nouveau propriétaire dépose le bilan à son tour. Et en 1984, ça sera la fin de la plus belle des poupées, après 40 ans d'existence...
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