Récits

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Mes chers lecteurs,

Tout a commencé quand je suis arrivée dans ce petit village de soixante habitants à peine et que je ne parvenais pas à trouver l’école… D’habitude, elle se trouve près de la mairie et de l’église, mais là, point d’église, et la mairie… introuvable, comme l’école !

Je finis par la dénicher au fond d’une cour à l’entrée du village, mais elle ressemblait si peu à un bâtiment scolaire que je ne l’avais pas reconnue. C’est que, événement assez rare, l’école était installée depuis toujours dans une ancienne ferme : le bâtiment abritait d’un côté la salle de mairie, et de l’autre, la salle de classe. Eh oui, une seule classe où tous les enfants du village, petits et grands, venaient chaque jour apprendre.


photo la petite classe 4


Pour moi qui venais de « la ville », quel bouleversement : depuis une dizaine d’années, jeune instit sortant de l’Ecole normale, j’enseignais au milieu d’une cité dans un bâtiment de deux étages regroupant une vingtaine de classes, et j’étais plus experte à démêler les bastons à la récréation qu’à écouter le chant des oiseaux !

Mais voilà : j’avais décidé de changer de milieu d’enseignement. Je cherchai donc dans la liste des postes à pourvoir tout ce qui ne ressemblait pas à ce que j’avais connu jusque là ; mon choix s’arrêta sur ce village, peu prisé par mes collègues en raison de sa classe dite  « unique », c’est-à-dire qu’il y fallait gérer tous les cours de l’école élémentaire à la fois… avec en prime les enfants de cinq à six ans, car il n’y avait pas d’école maternelle à proximité pour eux. En tant qu’expérience nouvelle, c’était parfait pour moi !


photo la petite classe 5


Comme cadeau, j’appris que le nombre d’élèves se réduisait à une petite douzaine seulement. Mais, en conséquence, on m’informa aussi que l’école était menacée d’extinction à très court terme, car le seuil de fermeture fixé à neuf élèves au minimum pour conserver la classe ne serait pas atteint l’an prochain : le départ en sixième de plusieurs « grands » ne serait pas compensé par l’arrivée de petits…


 

la petite classe 6 bis


Etant d’une nature optimiste, je ne m’inquiétai pas trop de cette situation fragile. Conquise par la « maison d’école » champêtre, je demandai le poste, l’obtins sans difficulté, et emménageai avec ma petite famille dans le logement de fonction situé au-dessus de la classe. Mes deux enfants rejoignirent le petit groupe des élèves du village, et me voilà partie pour quelques années d’enseignement à la campagne; je me rends compte, à présent que mon âge me permet de me retourner sur ma vie, que ces années-là comptent parmi les plus belles de ma carrière  de « bergère d’enfants ».


photo la petite classe 3


C’est pourquoi  je vous invite, mes chers lecteurs, à partager les saveurs et les émotions de cette riche période, si vous acceptez de me suivre…


la petite classe 7 sac


Cette « chronique d’une bergère d’enfants » sera illustrée par… des poupées, bien sûr ! C’est « la petite classe », merveilleuse miniature au 1/12ème  réalisée par mon amie Poumi, qui accompagne si brillamment l’introduction… Merci  à elle pour ses photos !


 

Par élizée - Publié dans : Récits - Communauté : poupées
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